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Pas d’arrêt à Paris cette année pour la version On Tour de la conférence annuelle des utilisateurs et clients de la solution Tableau. Qu’à cela ne tienne, Synaltic a envoyé son trio de choc assister à la version londonienne de l’événement le 6 et 7 juin derniers : les experts Tableau, Jonathan Trajkovic et Franck Nguyen et la pro du live-tweet, Hélène Trouvé ! Cette dernière vous raconte les sessions auxquelles elle a assisté le mardi matin.

La conférence dure officiellement trois jours mais la première journée étant consacrée aux certifications, nous n’avons rejoint l’Angleterre qu’à partir de mardi pour assister aux réjouissances Tableau-siennes. Bravant courageusement une pluie battante, nous atteignîmes le Tobacco Dock, lieu des festivités, de bon matin pour écouter la keynote d’ouverture avec Andy Cotgreave, évangéliste Tableau, dans le rôle du maître de cérémonie et James Eiloart, Vice-Président de Tableau pour l’Europe, en storyteller.

 

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Bière et dataviz, this is England !

 

Il était une fois…les explorateurs

Après avoir brièvement parlé des dataviz qui parlent de bière car, nous sommes en Angleterre et évoquer la boisson quasi-nationale de bon matin est un must, James Eiloart a dressé un parallèle entre l’utilisation des premières cartes en 1878, lors des premières expéditions à la découverte de l’Arctique et la prise de décision dans les organisations d’aujourd’hui.

Et pour cela, il a conté les aventures d’August Petermann, cartographe allemand qui pensait qu’au Pôle Nord se trouvait une mer libre et non de terribles glaciers. A l’époque, James Gordon Benett, propriétaire du New York Herald, sent qu’il a un petit billet à se faire en tentant de confirmer les théories de Petermann. Il achète donc un bateau et finance une expédition dans le Pôle Nord, contre garantie d’exclusivité de publication de toutes les informations qui sortiront de celle-ci. Il engage alors George W. De Long pour mener l’équipage de l’USS Jeannette à bon port.


Et c’est évidemment un échec.

Les théories de Petermann étant fausses, l’USS Jeannette se retrouve vite pris dans les glaces, et ce pendant deux ans. Au bout de ce temps, le bateau coule. L’équipage tente de survivre en parcourant des kilomètres sur les glaces mais une grande partie succombe dans l’entreprise, dont De Long. Cette expédition, bien que fatale, a permis de nombreuses découvertes scientifiques sur l’Arctique grâce aux données compilées par De Long et son équipage et c’est en hommage à ces derniers que les Iles De Long, situées au nord est de la Sibérie, ont été nommées.

Conclusion ?

Ne prenons pas des décisions en nous basant sur des intuitions pour découvrir la vérité par la suite ! Collaboration et curiosité sont les bases des grandes découvertes, mais il faut avant-tout se doter des bons outils pour obtenir les résultats escomptés !

Data for good deeds

C’est d’ailleurs ce qu’a fait Path, second intervenant de cette keynote, en collaborant avec Tableau Foundation et de nombreux autres partenaires. Path est une ONG qui intervient en Zambie et qui accompagne le pays dans sa lutte contre la malaria.

Quand on parle de malaria, on pense invariablement aux moustiques. Pendant très longtemps, ils ont été considérés comme uniques responsables de la propagation de la maladie, mais les analyses ont montré qu’en réalité, c’est l’humain qui est à 99% responsable de sa transmission. Et encore plus fou, 80% des malades sont porteurs « invisibles » de la maladie, c’est-à-dire qu’ils en sont atteints mais ne développent pas les symptômes, rendant la contamination encore plus insidieuse.

Path, qui utilise Tableau pour visualiser les données de suivi de l’évolution de la malaria en Zambie, l’utilise également pour suivre les livraisons de tests et de médicaments dans les zones reculées du pays. Depuis le début de sa collaboration avec le gouvernement Zambien, les cas de malaria ont grandement reculé. Le pays s’est fixé pour objectif à 2021 l’élimination totale des contaminations dans ses frontières, un objectif que Path est prêt à tenter d’atteindre à ses côtés, notamment en étudiant les données météorologiques et leur influence sur les pics de développement des cas dans le pays.

Grâce aux bons outils, à une facilitation de la collaboration et à une bonne gouvernance de l’information, Path a construit une base solide pour que la Zambie progresse dans sa lutte contre la malaria.

Be bold, ask questions !

Poser des questions, c’est exactement ce que fait la BBC lorsqu’elle tente de comprendre ses données d’audience. Dans une session qui a eu lieu un peu plus tard dans la mâtinée et intitulée « KPIs, APIs and the problem with pies« , Jovan Lekovic, Responsable Dataviz pour le plus grand média d’Angleterre, expliquait que la BBC devait avant-tout se poser les bonnes questions pour obtenir les bonnes informations sur ses audiences.

Au lieu de se demander le classique « Comment a marché mon programme ? », les producteurs de la BBC sont invités à se demander plutôt dans quelle mesure il a bien marché. Comment il a marché par rapport à un autre programme ou en terme de bruit sur les réseaux sociaux, sur quel public, sur quelle plateforme (PC, tablette, en direct, en replay, à la demande, TV…). Le but du jeu étant bien évidemment de savoir un si programme a fonctionné mais aussi pourquoi. Avant de triturer ses données, il faut avant-tout définir les bons KPI (Key Performance Indicator).


Pour répondre à toutes ces questions, et bien d’autres, la BBC a en sa possession de nombreuses sources de données : trackers sur le web, panels, études, personas, segmentation, modèles et même prédictions… Mais pour que tout cela fonctionne en harmonie, pour les que les analystes de la team audience puissent avoir une vision la plus globale possible, il faut pouvoir les relier entre elles, les connecter.

Et c’est ici qu’entrent en scène les API, qui permettent de connecter différentes sources de données à un outils comme Tableau, qui, à son tour en tirera la substantifique moelle et permettra de mieux voir et comprendre ce que recèlent les datas ! Et pour Jovan Lekovic, ce qui, pour beaucoup, semble être de la donnée poubelle (data waste) est en fait une véritable mine d’informations (data gold). C’est à l’occasion des JO de Rio que la BBC a pour la première fois testé l’utilisation d’API pour se connecter à ses multiples sources de données et le résultat a été très probant : un dashboard Tableau qui permet de voir les informations provenant des différentes sources concernant un programme déterminé.

Depuis, la team audience de la BBC utilise Tableau pour produire des dashboards compréhensifs et en tant que Responsable Dataviz, Jovan Lekovic a tenu à ce que l’ensemble des utilisateurs Tableau de la BBC suivent une formation aux bonnes pratiques de la création de datavisualisation. Il a ainsi construit un module interne qu’il a appelé le « Dataviz Theory Course« . Ainsi, les équipes ont appris à parler un langage commun et construisent désormais leurs viz de manière structurée allant même jusqu’à développer des templates et des graphiques maison  !

Encore une fois, avoir les bons outils mais aussi, développer une véritable culture de la data au sein de l’organisation s’avèrent être les éléments clés pour obtenir le meilleur de Tableau !

Un heureux accident

Laura Schofield, data-scientist pour Inmarsat, société de communication mobile par satellite, a commencé dans la chimie avant de se passionner pour les chiffres et les analyses de données. Lorsque qu’il lui a été demandé de faire quelque chose des fichiers concernant les abonnés à l’offre Dual SIM d’Inmarsat, l’entreprise venait tout juste de se doter de Tableau pour faire face aux problèmes de visualisation et d’analyses de gros volumes de données rencontrés avec Excel.

Petit rappel du contexte. Historiquement, Inmarsat était une organisation internationale dont le but était de développer les télécommunications par satellites et qui s’est tout naturellement tournée vers la sécurité maritime. En effet, sur un bateau, il est primordial d’avoir un moyen de communication vers l’extérieur et c’est pourquoi la compagnie propose aujourd’hui aux marins des abonnements de téléphonie par satellite qui leur permettent d’être joignables sur leur bateau où qu’ils se trouvent.

 

 

L’offre Dual SIM permet ainsi d’avoir deux téléphones à bord de l’embarcation. En effet, parfois, selon la position du bateau, l’angle d’accès au satellite ne permet pas une bonne réception du signal ce qui peut être très problématique, notamment si l’équipage rencontre un danger. Avec deux téléphones disposés à deux endroits différents du bateau, l’équipage s’assure de garder un contact avec la terre. L’offre Dual SIM permet aux abonnés d’avoir une seconde carte SIM gratuitement. Mais attention, la gratuité de l’offre dépend du respect du contrat qui, lui, stipule que les deux SIM doivent bien se trouver sur le même bateau !

A la base, Laura Schofield, possédait un fichier de tracking lui donnant des informations telles que les coordonnées GPS, le numéro de la carte SIM, le pays où se trouvait l’abonné etc. Mais rien de très parlant, surtout, rien qui ne permettait de prouver que l’abonné ne respectait pas les conditions générales. Puis en regardant ses données dans Tableau, Laura a pu voir les positions des cartes SIM sur une carte. Voulant aller plus loin dans son exploration, elle a commencé à jouer avec ses données pour modifier les vues. Une erreur de manipulation plus tard, qu’elle appelle son heureux accident, elle se retrouve à voir le trajet emprunté par chaque carte SIM sur une période donnée et bizarrement, certaines supposées être sur le même bateau naviguent dans deux mers différentes le même jour !

 

 

Grâce à cette « erreur », Laura a permis à Inmarsat d’identifier les centaines d’abonnés qui ne respectaient pas leur contrat. L’entreprise a ensuite pu se faire rembourser les abus effectués depuis deux ans (durée maximum sur laquelle l’entreprise est en droit de remonter) ! Bien qu’elle n’ait pas eu le droit de nous donner le montant exact qu’a rapporté ce rappel, il a apparemment couvert le prix de l’ensemble des licences Tableau pour tous ses utilisateurs (plus d’une centaine) chez Inmarsat. Concluant sur la citation de Beckett « Ever tried, ever failed. No matter. Try again. Fail again, fail better« , Laura a adressé un grand merci à Tableau qui lui a permis de se tromper plus simplement et plus rapidement et ainsi, de réussir encore plus vite !

 

A suivre…