Lorsque vous décidez de créer un dashboard Tableau, êtes-vous plutôt du genre à opter pour une mise en page fonctionnelle, priorité-à-l’info-le-fond-prime-sur-la-forme, ou plutôt du genre à laisser libre court à votre fibre artistique ?  D’après Andy Cotgreave, évangéliste Tableau, pour une bonne dataviz, rien ne vaut un savant mélange des deux !

Lors de la dernière conférence Tableau On Tour de Londres avait lieu la session « The visual design tricks behind great dashboards » (« Les astuces de conception visuelle qui se cachent derrière les meilleurs tableaux de bord » en français) menée par Andy Cotgreave, évangéliste Tableau et auteur du Big Book of Dashboards. S’appuyant sur des exemples de tableaux de bord réalisés par des utilisateurs de Tableau Public, Cotgreave a exposé à son auditoire les deux grands principes pour faire de simples tableaux de bord de véritables dataviz !

Penser « end user »

La première règle de la dataviz (non, ce n’est pas qu’il ne faut pas parler de la dataviz), c’est qu’il faut toujours penser à l’utilisateur final. Il est essentiel qu’il comprenne le tableau de bord, qu’il sache quelles interactions s’offrent à lui, et pour ce faire, il faut comprendre comment, lui, il fonctionne, nous dit Cotgreave.

 

 

En effet, lorsqu’un utilisateur est confronté à un tableau de bord, il va passer par trois phases :

  1. La réaction viscérale : c’est celle qui correspond à son cerveau primaire, en quelques sortes. Sans même avoir regardé les informations ou tenté d’interpréter le dashboard, l’utilisateur va se faire un premier avis, positif ou négatif, sur ce dernier. Afin de calmer cette réaction primaire, en général, un peu de mise en forme suffit et le cerveau comprend ce à quoi il a affaire et passe à l’étape suivante.
  2. La réaction comportementale : Ici, l’utilisateur va chercher à interagir avec la dataviz, à trouver quelles possibilités d’actions il a ainsi que les indicateurs qui le mettraient sur la bonne voie. C’est ce que Cotgreave appelle « Affordances & Signifiers » (opportunités & signifiants). L’utilisateur va avoir besoin d’indices visuels pour savoir où et comment interagir avec le tableau de bord. Est-ce que je peux cliquer ici pour filtrer ? Est-ce que je peux zoomer sur cette carte pour trouver de nouvelles informations ? D’où l’importance de bonne légendes et autres infobulles dans les dashboards !
  3. La réflexion : une fois passées les deux premières étapes, l’utilisateur va enfin pouvoir passer à l’analyse. Il va réfléchir à ce qu’il a vu dans le tableau et bord et en tirer de l’information.

Esthétique : au fond la forme

Pour Cotgreave, pas la peine de chercher bien loin lorsqu’il s’agit d’esthétique dans une dataviz. Il suffit de s’appuyer sur les grands principes de l’architecture.

« Form ever follows function. This is the law » – Louis Sullivan

Comme le souligne l’illustre architecte américain des années 1930, Louis Sullivan, la forme suit toujours la fonction et il en va de même pour les dataviz. La forme (le design) d’un tableau de bord se fera toujours en prenant en compte sa fonction, c’est-à-dire la transmission d’une information. Ainsi, même si faire une dataviz au format original peut-être tentant, il ne faut jamais négliger la fonction et l’information qu’elle doit transmettre à l’utilisateur.

A gauche, un dashboard qui privilégie la fonction, à droite, un qui privilégie la forme. Au final, ni l’un, ni l’autre n’est clair et simple à comprendre pour l’utilisateur.

Telle est la seconde règle de la dataviz : trouver l’équilibre entre la forme et le fond.

 

Deux petits derniers pour la route ?

Forts de ces grands principes empruntés au monde de l’architecture et du design, Cotgreave conclut sur deux autres points à ne pas négliger lors de la mise en forme d’une datavisualisation :

  • Ne pas oublier que le « cadrage » de l’information peut tout changer. En effet, selon le titre et les couleurs utilisées dans une dataviz, l’utilisateur peut prendre une décision totalement opposée, et ce toutefois, en étant face au même jeu de données. Respectez les codes couleurs et pesez vos mots !
  • Trop d’info tue l’info ou en tout cas, « le temps qu’il faut pour prendre une décision augmente proportionnellement au nombre d’alternatives proposées« , comme le dit la Loi de Hick. En un mot comme en cent, pour vos dashboards, soyez concis. Évitez de surcharger vos tableaux de bord et envisagez d’en faire plusieurs plutôt que de vouloir mettre tout votre jeu de données dans le même panier.

On récapitule ? Pour une bonne dataviz, il faut :

  • Toujours penser à l’utilisateur final,
  • Trouver l’équilibre en la forme et le fond,
  • Faire attention aux couleurs, aux formes et au choix des mots,
  • Ne pas noyer l’utilisateur sous les informations.

Maintenant, y’a plus qu’à !